Jacques Gruber
A U
J O
U R
L E
J O
U R
année 2017
année 2017
LISTE
des RECUEILS que j'ai publiés sur Internet :
Un
Signe dans la Vie
sous le pseudonyme de
Août Saïder
Le
Matin vient déjà
Sveltes
poèmes
Une
existence poétique actuelle
(deux
fascicules)
ÉTOILES
sur un fond noir
Mes
Théâtres
Les
Bons sentiments
Retour
sur images
Au jour le jour
Au jour le jour
LISTE des TEXTES
Beauté qui doit se
flétrir, p. 5
Cette nuit, en ton
absence, p. 5
Rentrant de l'hôpital,
p.5
Quand l'avalanche, p.
6
Tu as une manière, p.
6
Je n'ai pas manqué de
secours, p. 7
D'un simple clic, p. 7
Parfois, profitant
d'une strate de la nuit, p. 7
Les jours rallongent,
p. 8
Je ne pense qu'à toi,
p. 8
L'ourse, p. 8
Ce matin dernier, p. 9
Je te sens préoccupée,
p. 9
Au son de ta voix, p.
9
Aujourd'hui, je prends
de la distance, p. 10
Cette table d'alpage, p.10
Je j'ai jamais connu d'apparition, p. 10
Je te sens affligée, p. 11
Aurore a mis ses hautes bottes, p. 11
Je me conseille, p. 12
Tu me sembles soucieuse, p. 12
Je sens, après coup, p. 13
Finis les grands récits, p. 13
Depuis leur Ciel, p. 13
La vue de ces deux chaises, p. 14
Dans les nuits de nos soirs, p. 14
Nous faisons campagne, p 15
Sur l'oreiller, p. 15
Ne sois pas effrayée, p. 16
Visages sans extase, p. 16
J'ai deux érables, p. 17
Au matin, p. 17
Les arbres tendent vers nous, p. 18
Les derniers animaux heureux, p. 18
Les érables sont violets, p. 19
Je suis héritier de cinq cents ans, p. 19
Le temps bifurque, p. 20
J'ai longtemps écrit, p. 20
Ciel rouge brique, p. 20
Des morts, p. 21
Temps ouvert, p. 21
C'est le quatorze juillet, p. 21
Les colombes du jour, p. 22
Le public est sourd, p. 22
Votre carte de Nazareth, p. 23
Dans un concert, p. 23
Q'importe avec qui je soupe, p. 24
Il fait nuit, p. 24
Le soleil aveuglant, p. 24
Toi, pleine d'allant, p. 24
Je t'écoute dormir, p. 25
Cette table d'alpage, p.10
Je j'ai jamais connu d'apparition, p. 10
Je te sens affligée, p. 11
Aurore a mis ses hautes bottes, p. 11
Je me conseille, p. 12
Tu me sembles soucieuse, p. 12
Je sens, après coup, p. 13
Finis les grands récits, p. 13
Depuis leur Ciel, p. 13
La vue de ces deux chaises, p. 14
Dans les nuits de nos soirs, p. 14
Nous faisons campagne, p 15
Sur l'oreiller, p. 15
Ne sois pas effrayée, p. 16
Visages sans extase, p. 16
J'ai deux érables, p. 17
Au matin, p. 17
Les arbres tendent vers nous, p. 18
Les derniers animaux heureux, p. 18
Les érables sont violets, p. 19
Je suis héritier de cinq cents ans, p. 19
Le temps bifurque, p. 20
J'ai longtemps écrit, p. 20
Ciel rouge brique, p. 20
Des morts, p. 21
Temps ouvert, p. 21
C'est le quatorze juillet, p. 21
Les colombes du jour, p. 22
Le public est sourd, p. 22
Votre carte de Nazareth, p. 23
Dans un concert, p. 23
Q'importe avec qui je soupe, p. 24
Il fait nuit, p. 24
Le soleil aveuglant, p. 24
Toi, pleine d'allant, p. 24
Je t'écoute dormir, p. 25
page 5
Beauté
qui
doit se flétrir (Keats)
en
cette soirée,
je
veux me souvenir
que
tu as éclairé
ma
journée.
Amour
qui
devra mourir
au
terme de ces années,
je
veux te servir
tout
ce jour,
rendant
aux arbres leur durée.
Jacques Gruber
Cette
nuit,
en
ton absence,
la
couette
qui
efface
toute
silhouette
dans
un instant
de
silence
fortuit
que
rien ne retient,
j'ai
eu le sentiment
fugace
de
serrer tes mains.
Jacques Gruber
Rentrant
de l'hôpital,
et
des ses officines,
nous
passons
le
long des pelouses
de
la piscine,
que
l'air glacial
revêt
d'une blouse,
bordée
de givre ;
en
ces jours gris
dédiés
aux glaçons,
je
revois les pentes complantées
d'arbres
au balancement machinal,
où,
dans nos vertes années
de
vivre,
nous
avons assouvi
un
plaisir animal
de
nage,
de
soleil
et de
partage
sans
pareil.
Jacques Gruber
page 6
Quand l'avalanche
qui
m'écrasera,
blanche
et
patatras,
prends-moi
dans ton Arche,
coffre
hanté
autant
que diluvien,
transposé
pour
le temps qui vient ;
je
sais que cela marche.
Jacques Gruber
Tu as une manière
de
me serrer la main,
fugace,
sans
façon,
qui
me donne soudain
l'impression
avant-dernière
que
tout ton amour
y
passe.
Jacques Gruber
page 7
Je
n'ai pas manqué de secours
dans
ma détresse,
qu'ils
soient tous remerciés ;
l'amour
ne
m'a pas manqué,
.
qu'elle reçoive en retour
toute
ma tendresse.
Jacques Gruber
D'un
simple clic,
les frivolités
techniques,
pour
grand public
enfantin,
peuvent
nous donner
toute la botanique,
elles
nous forcent à courir,
à
toute allure,
ce
ne sont plus des fleurs,
mais
des pixels sans valeur,
ce
n'est plus l'avenir,
mais
une figure
du
Destin.
Jacques Gruber
Parfois,
profitant
d'une strate
de la
nuit,
je
rencontre tes mains tremblantes,
autrefois
ressemblantes,
aujourd'hui
disparates,
même
si peu que ce soit ;
semblables
à
deux feuilles d'érable
flétries
par
le froid
et
la maladie
alors
que d'elles émane
la
chaleur
bienfaisante
qui
évite à mon cœur,
tout
juste palpable,
le
sort du simple produit
d'une
vie profane.
Jacques Gruber
page 8
Les
jours rallongent,
bien
que les nôtres plongent,
j'ai
le même plaisir
à
voir rougir,
entre
les branches,
une
écharpe de soleil levant,
qui
tranche
avec
le gris
tendanciel
envahissant
de
mes parti-pris.
Jacques Gruber
Je ne pense qu'à toi,
j'en
oublie le reste,
tu
protestes
et me laisse pantois ;
je
guette ton sourire
c'est
mon soutien,
mais
tu ne te sens pas bien,
ton corps se déchire ;
la
maladie
impose sa loi,
malgré
la chirurgie ;
je
ne pense qu'à toi.
Jacques Gruber
L'ourse
protège
sa progéniture,
pourvu
que dans ma course
je
ne néglige aucun de ces petits
qui
ne me sont pas de nature,
venus
sur ce sol
que
la lutte pour le vie,
avec
ou sans alcool,
peut
changer en lie,
tandis
qu'un simple pissenlit
dispose
ses pétales
de façon
à suggérer
une manière
d'être structurale
pour
l'univers entier.
(Clause Lévi-Strauss, le structuralisme)
Jacques Gruber
page 9
Ce
matin dernier,
les
chambres de l'inquiétude
ont
entr'ouvert un volet
sur
des paysages moins rudes
qu'il
il nous faut encore soutenir ;
du
moins, pour l'heure,
du
haut de son pupitre,
une
pie nous chapitre
et
ce n'est ni un souvenir
ni
un leurre.
Jacques Gruber
Je te
sens préoccupée,
moi
aussi,
la
destinée,
peu encline
à la faconde,
semble
esquisser
un
sourire de Joconde.
Comment
interpréter
cette
arcane,
sans
le secours
de l'Esprit
qui anima
un jour
ce
décor de Toscane ?
Jacques Gruber
Au
ton de ta voix
qui
m'appelle,
je
connais le son de ton cœur,
aussi
bien qu'un maître de chapelle,
il me prévient
quand
tu as peur,
que tu
es désemparée
ou si
tu te souviens,
avec
une force tout actuelle,
d'avoir pu faire tant de choix.
Jacques Gruber
page 10
Aujourd'hui,
je prends de la distance,
je
vois mieux les choses et les gens,
comme
dans la transcendance
qu'ils
sont vraiment,
à la
manière de Shakespeare
où
le comique côtoie le pire.
Jacques Gruber
Cette
table d'alpage,
face
au Mont Blanc,
que
nous montre
la
télévision,
selon
Magritte,
souviens-t-en,
ne
serait pas une table,
pourtant,
nous avons pris appui contre,
- au
lieu-dit de Barmus -,
lorsque
nous étions encore à la page,
pour
des excursions
indiscutables,
quel
que soit le temps ;
avant
que ne s'effrite
notre
tonus.
Jacques Gruber
Je
n'ai jamais connu
d'apparition
étincelante,
entourée
de reflets bleutés,
qui
s'implante
dans
le terreau de nos souhaits ;
en revanche,
j'ai
entendu
la
parole
du
moment,
ni impérative
ni
d'école,
mais
qui s'épanche
éloquemment
dans
notre part la meilleure,
se
fixe en nous
par
l'affinité élective,
et le
nouage direct,
d'une
attestation intérieure
sans
affect.
Jacques Gruber
page 11
J'ai
vu
combien
tu étais affligée
de ton
état
de
faiblesse
continu,
sans
que tu te décourages
d'autant
qu'il a plu
toute
la journée
à
verse,
sur nos
passages
de bitume plat,
mais
quand je guide
tes
premiers pas,
comme
un vieux druide,
j'éprouve
le sentiment
de
ta confiance,
d'un
rapprochement,
comme
une nouvelle alliance,
maintenant
que tu vas
un
peu
mieux.
Jacques Gruber
Aurore
a enfilé ses hautes bottes,
elle
a tout un jour à parcourir,
tu
dis que je radote,
c'est
pour te prévenir.
Tu
as quitté ta couche
et
ton fauteuil,
de
la cuisine
j'entends,
depuis le seuil,
la
vaisselle que tu touches,
je
crains que tu ne t'échines,
à tous
ces soins
que
réclame ton office ;
comme
si
quoi
qu'il en soit de nos machines,
à
midi,
le
moment n'était plus si lojntain
où la
justice
se
révélera
comme
l'aurore
dans
tout son éclat
et sans métaphore.
Jacques Gruber
page 12
Je me
conseille,
dans
mon fors intérieur,
sans
me forcer les méninges,
de
suspendre des corbeilles
de
fleurs,
entre
les rameaux
de l'arbre
de vie ;
- arbre
au port
d'yeuse,
dont
l'écorce semble
un
justaucorps,
sans
exemple,
fait
de la peau
d'une
panthère nébuleuse -
- arbre
déjà chargé
de
petits singes,
d'oiseaux,
de
fantaisie - ;
des
fleurs, afin que les abeilles
puissent
les butiner,
sans
se cogner contre une vitre,
qu'il
y ait davantage de couleurs
sur
nos linges
et des
parfums chauds
qui
s'exfiltrent
par
le haut.
Jacques Gruber
Tu me
sembles
soucieuse,
le jour
brumeux,
l'est
aussi,
prenons
une heure précieuse,
ensemble,
pour
écouter Vivaldi
tous
les deux,
admirateur,
admiratrice,
comme
si nous étions
allés
l'entendre,
avec
toute une population,
au
théâtre de la Fenice
Phénix
qui renaît de sa cendre.
Jacques Gruber
page 13
Je
sens, après coup,
que la
neige,
l'hiver
dernier,
sur
le sol beige,
en
janvier,
tombée
avec parcimonie,
n'a
pu nous faire douter
de
l'harmonie
des
saisons
qui
nous baigne,
tout
comme la raison
qui
règne
entre nous.
Jacques Gruber
Finis
les grands récits
de
notre enfance,
dans
nos espaces rétrécis,
entouré
d'une ambiance
de
faux-semblants,
j'éprouve
un
sentiment,
dans
lequel je me retrouve,
qui
me pousse en avant,
comme vers quelqu'un que l'on aime,
-
élection sans tombola -
ni
vers moi-même
ni par-delà,
sans
perdre ma défiance
à l'égard
des prêchi-prêcha
et des
stratagèmes.
Jacques Gruber
Depuis
leur Ciel
circonstanciel,
les
enfants abusés par l'Église
durant
les siècles de son emprise,
n'éprouvent
plus l'abandon
d'obtenir
le pardon
des
prêtres de tous ordres
pour
leurs désordres.
Jacques Gruber
page 14
La vue de ces
deux
chaises
dépareillées
qui semblent converser
face à face,
le dos bien droit,
dans un rayon de lumière tamisée,
sans que rien vienne les déranger,
quoi que l'on fasse,
dans le jour qui décroît,
cela m'apaise,
m'enlève toute suspicion ;
parfois, elles grincent,
mais rien ne parvient de leur conversation,
elle s'évapore,
buées qui se rincent,
pourtant cela me fait rêver :
ont-elles une obsession
qui les dévore ?
Jacques Gruber
Dans les nuits de nos soirs,
nos yeux sont noirs,
je dirai encore :
nos deux mains
réunies,
sans un mot,
quand s'instaure,
petit à petit ,
la tiédeur corporelle
du lit,
nos lèvres qui se retrouvent au matin
ou bien au cours de nos insomnies,
c'est un regain
d'amour inassouvi
qui s'incorpore
comme la coulée fusionnelle
dans un lingot
Jacques Gruber
page 15
Nous faisons campagne
pour un progrès,
pour nos compagnes,
sans excès :
que le cœur gagne
dans l'avenir
sur les caprices,
avec des lois qui nous feront grandir ;
ni des actrices
ni des bons à rien,
des électrices
et des électrioniciens.
Jacques Gruber
Sur l'oreiller,
une trace de bonheur
glisse sur ton visage,
souriant,
il possède,
à cet instant
de vie abandonnée,
la couleur
des premières feuilles d'érable rouge,
sur le fond vert
de nos randonnées
au milieu des troncs sculptés
comme à l'aide
d'une gouge
par des doigts experts,
rompus à l'ouvrage.
Jacques Gruber
page 16
Ne sois pas effrayée
par les heures de la nuit
tout juste commencée,
ta torpeur,
qui frôle
la profondeur
hors contrôle
qui la suit
dans tes rêves ;
même perturbateurs,
ce sont des fèves
dans une tranche de sommeil ;
n'en sois pas effrayée,
garde ton conseil,
ils sont à l'orée
du jour extérieur
dont un trait de lumière
suffit à dire la réalité
avant que ta nuit s'achève
sur cette lisière.
Jacques Gruber
Jacques Gruber
Visages sans extase
aux profils très concrets,
iconostase
d'un sanctuaire secret.
Paroles sans visages,
pour lesquelles personne n'est proscrit,
rencontres aux divers étages
de l'esprit.
Visages, Paroles,
à la fois absents et présents,
ni sages ni bohême,
sacrements
sans farandoles,
vous qui nouez chacun de mes sentiments,
sachez combien je vous aime.
Jacques Gruber
page 17
J'ai deux jeunes érables
dans ma fenêtre,
l'un rouge, l'autre vert,
inséparables
dans le grand jour du découvert,
jusqu'à paraître
comme changés pour l'éternité,
tant rien au monde ne les imite
dans cet encadrement
qui délimite
leur intimité.
Mes yeux se dessillent,
je les vois, tels qu'en eux-mêmes, ils sont,
ils oscillent,
leur balancement
souple,
à l'unisson,
empli de grâce,
jusqu'à l'enchantement,
est celui d'un jeune couple
qui s'enlace.
Jacques Gruber
Au matin,
quand la nuit est moins chaude,
le sommeil revient.
La mer est d'émeraude,
les rochers coulés dans l'airain,
blanche la plage
où le souvenir me conduit.
Dans ce site
à la Derain,
que mon esprit revisite
sans bruit,
la couleur
a gardé son tapage,
et sa chaleur.
Jacques Gruber
page 18
Les arbres tendent vers nous
leurs branches suppliantes :
‟Aux pays des matins
remontants,
ayez pitié des femmes et de enfants ” .
Des hommes aussi, du même coup,
ils ne sont pas tous infectés par l'amiante.
Ô pays des levants,
arrête le soleil en déclin,
rends-nous la pure lumière
que fait lever la prière
du croyant,
au matin.
Jacques Gruber
Jacques Gruber
Les derniers animaux heureux
entrent deux par deux
selon leur espèce,
dans un train d'extinction
qui semble n'avoir de cesse,
en dépit des supplications
et des sauvetages ;
jusqu'en ses dernières limites
la vie, en son irremplaçable tissu,
a des trous de mites,
et nous n'aurons pas l'avantage
de dire que nous ne l'avions pas su.
Jacques Gruber
Jacques Gruber
page 19
Je suis héritier
de cinq cents ans ;
cela ne fait pas une couronne,
de chevalier :
le rideau rouge des automnes
à demi tiré sur des fonds verts,
telles sont mes armes,
en ces jours couverts
de pluies et de vents
quand les signaux
sont au parme
et que l'on ne parle plus qu'à l'imparfait ;
ce pourrait être une
fortune,
à tous commune,
des récoltes
de grâce et de paix,
puisées au fond des yeux ouverts
même en des temps de révoltes.
Jacques Gruber
.Grâce et paix,
ne semblent
que des mots
pour les empires
aux yeux de jais
de tant d'hommes
que l'on renomme,
alors que les ponts tremblent
les barrages rompent,
ou pire.
Rien que des mots
aux oreilles de ceux qui comptent.
Avec eux résonne à
jamais
le don fait à tout ce qui respire.
Jacques Gruber
page 20
Le temps bifurque,
ce n'est pas la crise turque,
pas le "non" américain,
- à tous deux, je tends la main -,
le soleil va disparaître,
la nuit naître,
je pensais mourir,
mais cela rallonge
à n'en plus finir,
d'ici que passe l'éponge.
Jacques Gruber
J'ai longtemps écrit
sur le mur de la vie
dans un endroit peu éclairé,
le passant, mine basse ou réjouie,
ne voit que du gris
au milieu de la publicité.
dont la couleur est si jolie.
Jacques Gruber
Ciel rouge brique,
mer plate,
c'est une crique
une ligne de pins
lui sert de cravate,
retour vers des matins
que mon esprit fabrique,
lieux
paradisiaques,
versus dionysiaques,
pour de premiers ébats
qui n'ont rien à
envier aux nôtres,
cachés aux yeux
des autres,
touchant au rêve
des sommeils paradoxaux
que crève
mon réveil en sursaut.
Jacques Gruber
page 21
Des morts
et encore ;
le Paradis,
est jonché de corps,
il y a pléthore.
Morts bien propres,
munis de tous leurs papiers,
saisis par une mort impropre
à véhicule ou à pied.
A Paris,
aux Champs Élysées,
ne reste debout,
à hauteur d'homme
qu'une tige de laurier,
dont la fleur
s'évapore,
nous sommes abrutis,
tandis que cette journée
qui n'est pas arrivée à bon port,
se consomme,
un ambulancier
déambule de bout en bout,
le dégoût affleure à tous
ses pores.
Jacques Gruber
Temps ouvert,
fenêtre ouverte
à tout concert,
non en pure perte,
je ne retourne pas à moi,
pour m'assurer que je suis libre,
je ne possède pas la fin en soi,
je me sens en équilibre,
parti à la découverte
et pour l'éternité.
Jacques Gruber
C'est le quatorze juillet,
il y a de la joie
- dans un jardin discret
même un chien
aboie -
aboie -
la République en bonnet phrygien
nous appelle
à former des bals de quartier,
la ville s'est faite belle
pour l'occasion,
le soir la teint de mauve,
le temps d'un ressouvenir,
d'un exemple,
d'effusions,
ensemble,
une ferveur nous sauve,
l'obscurité s'installe,
les lumières se renvoient la balle
on se prend à penser l'avenir.
Jacques Gruber
page 22
Jacques Gruber
Jacques Gruber
page 24
Les colombes
du jour
se sont envolées,
le soir tombe,
lourd,
de nos misères
inconsolées,
le soleil couchant,
toutes taches d'azur bues,
plus que tu ne diras,
dessine ses chimères,
rougeoyant,
au travers de nues
qui se tordent les bras.
Jacques Gruber
Je me souviens
de cette glycine
alignée au cordeau
qui surplombe
le chemin
et retombe
comme la nappe d'eau
d'une piscine.
Jacques Gruber
.
Le public est sourd
à ton discours
aux résonances premières
et dernières,
il est étranger à l'écoute,
il cultive le doute,
il est humain,
trop humain,
sensible à la gloriole
des idoles,
ce n'est pas ce que tu crois,
c'est ta croix.
page 23
Votre carte de Nazareth
nous est bien parvenue,
puissions-nous avoir
ici un azur aussi net
que sur cette photo imprévue.
Mis à part le premier plan,
des habitations blanchies
aux orifices peu parlants
sous des ombres infléchies,
il nous reste le providentiel :
l'horizon des douces collines de Galilée
qui touchent au ciel,
non taillées
par larges plans cubistes,
à coups de couteau,
des granites et des schistes,
à la Picasso,
mais témoins
de la vue
que Jésus, vivant en ces lieux,
a eue
sous les yeux,
par quoi je le rejoins
et ce n'est pas à l'improviste.
Jacques Gruber
Dans un concert,
autour du soliste,
il y a un moment
orphique,
quand l'orchestre se perd,
que la musique
se sépare de l'artiste
et de son instrument,
qu'elle s'envole
et se dispose autour d'eux
comme une auréole,
par un jeu
invisible,
jusqu'à la fin du concerto
et l'instant inaudible
avant que n'éclatent les bravos.
Qu'importe avec qui je soupe
dès lors qu'un souffle du vent
imprime à tout arbre permanent
le geste de Jésus élevant la coupe.
Jacques Gruber
Jacques Gruber
Jacques Gruber
Il fait nuit,
Vincent peint sa toile,
sa couleur luit,
au ciel, les étoiles
relèvent leurs cils étincelants,
elles nous narguent,
les lumières de l'antique cité,
entre Camargue,
et Alpilles,
tissent des fils scintillants
dans la nappe d'eau qui vacille
et nous sommes là,
tendant nos escarcelles,
emplis d'affinité
pour l'Esprit sans
parcelles
qui s'atteste comme cela.
Le soleil aveuglant
de la douleur
inonde tes vertèbres,
assèche tes sentiments,
zèbre
le dos en long, en largeur,
il perce le nuage
des racontars
pour livrer passage
aux coups de cafard ;
tout cela, tu le connais,
tant que le dégoût affleure,
je le sais ;
tout en moi pleure.
Toi, pleine d'allant,
je te vois si chétive,
bon an, mal an,
moindre convive,
derrière toi,
semaine après semaine,
en toute bonne foi,
j'éprouve plus de peine.
Jacques Gruber
page 25
Je t'écoute dormir
dans un profond silence,
tantôt un soupir,
une somnolence,
à quoi peux-tu rêver ?
J'imagine une terre
de châtaigniers
austère,
sous un ciel qui ne ment,
un bourdonnement
d'abeilles
et mon corps,
comme celui d'un chat,
qui sommeille,
mais ne dort
pas.
Jacques Gruber
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