mardi 12 novembre 2013

Une existence poétique actuelle, premier fascicule






Jacques Gruber


UNE

EXISTENCE

POÉTIQUE

ACTUELLE



premier fascicule






LISTE des RECUEILS que j'ai publiés sur Internet :

Un Signe dans la Vie
Le Matin vient déjà
Sveltes poèmes
Une existence poétique actuelle
(deux fascicules)
ÉTOILES sur un fond noir
Mes Théâtres
Les Bons sentiments
Retour sur images




Jacques Gruber, l'un des principaux poètes français méconnus d'au­jourd'hui. J'autorise toute personne bien intentionnée à pu­blier mes poèmes, sous réserve qu'elle n'y introduise ni retouche ni chan­gement et à condition qu'elle mentionne mon nom pour cha­cun d'eux.

Jacques Gruber, 94450 Limeil-Brévannes, le 25 janvier 2016

Jacques Gruber, one of the main french unknown poets of to day. I authorise any well intentioned person to publish my poems, without any alteration or change and under the stipulation that they mention my name for each of them.
Jacques Gruber, 94450 Limeil-Brévannes, France.



LISTE DES TEXTES

Entrée en matière, p. 3
Les yeux bleus, p. 5
Excusez-moi, p. 7
Les faux jetons, p. 9
La Can de l’Hospitalet, une journée avec Stéphane Hessel, p. 12
Semaine Sainte 2013, p. 15
Convalescence et rétablissement, p. 21


deuxième fascicule:
Syrie 2013, p. 25
Sur un quatrain de Khayyâm, p. 26
Mots, que de maux, p. 27
Autres lieux, autres temps, autrement, p. 29
Médaillons heureux (malgré tout), p. 30
Médaillons qui font mal (mais que l’on ne peut faire passer aux pertes et profits), p. 32
Médaillons à proscrire (que je publie quand même), p. 34
Médaillons d’actualité (vu à la télévision), p. 36
L’existence surmultipliée (Nietzsche), p.38
Mes chutes (confession publique), p. 41
RER A, station Nation, 17 h., p. 44
L'actualité superflue, p. 45







 page 3

Entrée en matière


Ne lis pas mes poèmes,
écoute-les
dans un silence de cathédrale,
ce sont autant
d’eaux de  baptême,
inaugurales :
plonge-toi dedans
            en pleine liberté.



Si tu retiens quelque chose
de mes poèmes :
dis-toi que je voudrais dire Oui,
Oui ébloui
et réjoui,
et que je dis Non,
Non, rejeton
de démon,
car notre culture antépénultième
n’expose
que des enfants frondeurs
et frivoles
qui tournent en rond
et s’embêtent,
un jour sans école
parce qu’ils n’ont rien dans la tête
et pas plus dans le cœur.


Au lieu d’un murmure
qui, mûrement,
 sourd
de son emmurement,
quand l’hiver lourd
de son armure
murante
de nuit, d’ennui,
de neige et de glace,
glisse, hors de son étui,
page 4

dans la clarté mourante,
le doigt gourd
d’une pousse de narcisse.
Loin de la grandeur de messidor
qui la surclasse,
sa candeur novice
possède un cœur d’or.


En attendanr,
le vent violent
jette sur les collines
un voile de violine
qui n’est ni oui ni non
pas plus que l’accord
strident
de l’avion
de plaisance
qui viole
en son corps,
le ciel violet,
étendu de tout son long
dans le silence.


En attendant,
le cri
de l’enfant violé
je l’entends,
il ne dit
ni oui ni non,
il demande : « pitié ! ».


Et je ne sais lui répondre.
Face aux anathèmes,
je ne puis que pondre
des poèmes.




Jacques Gruber juin 2013
page 5


Les yeux bleus

(pour une nouvelle année)

Elle a le regard noir
que l’on prête au mauvais œil,
alors qu’elle voit avec les yeux bleus
de l’accueil :
l’arbitraire
qui casse
nos espoirs ;
ce qui passe
en dépit de nos vœux,
ou, au contraire,
revient chaque soir
sans qu’il y ait du mieux.


Elle a les yeux
qui ne coulent pas quand il pleut,
lorsque la société se crevasse
au dam
des petites gens ;
ou que l’on chasse
les quidam
sans-argent
de chez eux.
Elle a les yeux clairs
pour discerner
les escrocs,
les pas de clercs,
les premiers
accrocs.



Sa place est dans l’obscurité,
mais elle voit la couleur changeante
des cieux
passer dans le regard
de ceux
page 6

qu’une pensée intelligente
a visité
sans en faire des stars.
 Elle n’ignore pas l’ombre
projetée
qui nous suit
elle remet dans la lumière,
celui qui sombre
dans la nuit.
Elle n’a cure de prescience,
elle n’est ni ravie ni naïve ;
dans la première journée
de toutes les alliances,
qui nous éclaire
de ses faisceaux,
elle est native,
à nouveau.



Jacques Gruber janvier 2013


page 7

Excusez-moi


Excusez-moi, délicates fleurs
de nos campagnes
dont un seul bouquet
enchante
la place où on le met,
car j’ignore vos noms.
Au vu de vos couleurs,
ils ne doivent répandre le renom,
d’aucune fée méchante,
mais, plutôt, de nos compagnes.



Excusez-moi jeunes-filles
en fleur
si je vous fais quelque ombre,
car j’ignore qui vous êtes.
Que vos pupilles,
en si grand nombre,
soient en joie ou en pleurs,
en deuil ou en fête,
je veux croire
à votre dernière
 histoire
et même la raconter
avec sincérité,
si telle était votre prière.


Excusez-moi, martyrs
des temps modernes,
car je ne connais
pas tous vos noms.
Pourtant, je veux, avant de partir
à mon tour,
 les inscrire pour la postérité
sur un drapeau en berne
avec vos prénoms
clairs comme le jour.
page 8


Pardonnez,
chers parents
trop tôt disparus,
que j’appelle à bon escient
par vos noms
et vos surnoms,
mon attitude de refus,
comme un pied-de-nez.
Je n’avais pas compris
que l’on pouvait vous dire merci !



Ne me tiens pas rigueur,
improbable lecteur,
mon ultime recrue,
sur qui,
au hasard,
dans la rue,
mon regard
s’attache,
si je ne sais pas ton nom,
pour toi j’en suis réduit
au pronom,
car j’écris
sans qu’on le sache.




Jacques Gruber janvier 2013


page 9

Les faux-jetons


Ils pensent à côté
de ce qu’ils disent,
de ce qu’ils font.


Ils ne répondent pas à l’opposé
de ce qu’ils méditent,
 ils n’agissent pas à l’inverse
de ce qu’ils citent,
ils ne disent rien de faux :
ils parlent juste à côté,
par défaut.


Supprimant de façon tacite
un seul jambage,
usant de réserves,
ils mettent à la renverse,
l’âme fraîche émoulue,
dans l’ignorance voulue
du parler
sans ambages.


En servant
la raison d’État ou d’Église,
de catégorie, du sang,
ou de tout autre gloire
(auxquels ils ont cessé de croire)
ils passent à travers maille
comme par surprise
et gagnent du galon
tout en nous laissant
l’impression
d’avoir agi
sans faille
dans notre intérêt,
alors qu’ils ne sont jamais
de véritables amis.
page 10

Vêtus de leurs ensembles bien coupés,
enveloppés de robes,
serrés dans des uniformes,
leur regard flouté,
auquel rien ne se dérobe,
nous frôle
par dessus notre épaule.
Et nous jauge selon sa norme.


S’ils laissent voir
qu’ils vous sont dévoués,
c’est leur façon
d’assouvir
la soif d’un pouvoir
qu’ils n’osent conquérir.


Ils savent même être complaisants
dans leur mauvaise foi
qui s’exprime à l’envers.


Nous ne pouvons déceler
l’art dont ils se servent
qu’au timbre absent
de leur voix
qui sonne
de travers.


Chez eux,
tout peut devenir faux
ou affabulation
du moment que,
devenus leurs complices,
sous le manteau
de Noé
(excusez du peu),
nous souhaitions
que tout ce factice
soit vérité.
page 11


Leurs chemises
bien nettes
sortent de la buanderie,
mais, jusqu’au tissu,
dont elles sont faites,
leur mise et leur entremise
ne sont que du pipeau.
Ils peuvent caresser
le signifiant actif
de la chouette,
(le plus expressif
des oiseaux),
ils n’en sont pas moins issus
de la grande truanderie.


Puissé-je
ne jamais compter
dans cette compagnie
trompeuse comme la neige
et dont je n’ai nulle envie.


Contre elle, au contraire,
 je peste,
au sein
de cette modeste
salle de gare
humanitaire,
sans lustre,
où chacun vient,
serait-ce à son corps défendant,
exposer un désir qui le frustre.


Là même où, il est vrai,
des trains
attendus à contretemps,
nous égarent
(à nos propres frais).

Jacques Gruber 3 mars 2013
page 12


La Can de l’Hospitalet
une journée avec Stéphane Hessel


Voûte translucide
des feuillages
qu’aucune tronçonneuse
n’étêtera,
vitrail,
qui, au réveil,
laisse passer le soleil,
formant un ciel en maillage
défiant toute épithète.

Voûte qui remue et ne s’écroule pas,
à dix mètres de vide
au dessus de nos attirails
et de nos têtes
libres des pensées soupçonneuses.

Tu ne laisse pas voir les étoiles,
elles sont au-dedans
de nous,
non pas absentes,
mises au clou,
mais chantantes
et dansant
comme les flammes d’un poêle.

La parole qu’aucun artifice
n’éviscère,
prend la solidité
et le brillant
de la pierre,
des rocs jonchant
le sol
de leurs blanches effusions.

Les troncs des hauts fûts
de hêtres lisses,
confèrent à merveille,
page 13

si l’en fût,
leur solennité
à la corbeille
et au bol
de la communion.

À la mitan,
quand tous pensent être rassasiés,
arrive la surabondance
impromptu des cerises,
puis l’heure vient
au cadran,
non d’un pas de danse,
mais pour une Voix que soulève
l’aspiration d’une société
assise sur sa faim.

Pour une présence
qui dise,
d’une parole brève,
qui ne sorte pas de l’enfer,
mais que l’on ne puisse ravaler,
l’impatience
d’une mer
si éprise
d’embrassements
qu’il lui arrive d’enlacer
des continents.

Il en est
à la Can,
(à ce que l’on dira)
encore autant
qu’il en a été
et pour ce qu’il en sera
de l’hospitalité.




Jacques Gruber 10 mars 2013

page 14



Chaque année, il y a un rassemblement, au lieu dit « La Can de l’Hospitalet », près de Florac, pour commémorer les cultes clandestins de plein air des protestants cévenols à l’époque de leur persécution.
À cette occasion, il y a de cela plus de vingt ans, il nous a été donné de rencontrer Stéphane Hessel, pour la première et unique fois.
Avec lui, là, en ce jour d’été, nous avons écouté ensemble l’Évangile et partagé la cène. En­suite nous avons pique niqué sur l’herbe. À la fin du repas, il a tiré de dessous les branches une large corbeille de cerises qu’il a distribuées à l’entour, puis il nous a dit, par cœur, un superbe poème d’Arthur Rimbaud débordant d’une insolente indiscipline juvénile.
En ce début de mars 2013 où il nous a quittés, ce poème veut lui rendre hommage en même temps qu’à ceux qui nous ont apporté la liberté de conscience.


page 15

Semaine sainte 2013

De mal en patience
à mal en passion,
au devant des impulsions
de nos impatiences.

(mardi)

Sache,
compatriote consumériste,
qu’il n’y a plus ni Bien
ni Mal,
plus d’humain
ni d’animal,
comme pour une camériste,
voyeuse proustienne
d’amour vache.
Plus de Paradis
(sauf fiduciaires)
ni d’Enfers (hormis 
sur terre),
ils ont fait le plein
d’une foule élue ou magicienne.
Plus de Ciel
(excepté artificiel
ou à crédit),
mieux vaut ne pas le taire.
Ni même d’ici-bas
où l’on s’étonne
que personne
plus ne propose
de roses
ni de résédas*.
* « De communistes ni de chrétiens », suivant le poème de Louis Aragon : La rose et le réséda.

La Bible tarie,
coupés du monde livresque,
des résonances grecques,
des ivresses romantiques
et de leurs fresques,
livrés à des poésies absconses,
page 16

nous restons sans répartie.
Privés du tragique
shakespearien
et de Dostoiëvski,
nos enfants n’ont plus de réponses,
et, pire que rien,
entendent tout ce qui se dit.

Le mur
que fabrique
le binaire
informatique,
nous confine,
en marge du clair-obscur,
où la réalité
abonde,
dans l’obscurité
sublunaire
            où créateurs et messies
             se font grise-mine
              ou se confondent.
      
À moins de se livrer, par amusement,
pour faire l’impasse,
à la mnémotechnique
de nos identifiants
et mots de passe
énigmatiques,
comme suit :
« Zorro
doit tôt
livrer ici
quarante-deux bandits ».
et, en attendant mieux :
« Au fond de mon whisky,
nos beaux yeux ».

(mercredi)

Où que l’on aille,
de gros crabes berniniesques*,
* Vus du ciel, le Vatican et la Place Saint Pierre, œuvre du Bernin, me font penser à un gros crabe muni de ses pinces. Simone Weil ne qualifiait-elle pas l’Église de « Gros animal » ?

page 17

sous couvert d’une édifiante piété,
nous enserrent
dans leur tenaille
et nous enterrent
presque
sous leurs antiquités,
quoique l’on piaille.

Contre eux
tout accès de révolte
fait long feu :
en place de fête,
il ne récolte
que la tempête.

Nos « faire » et « défaire » consuméristes
ne laissent rien subsister
de ce qui avait valu
la fortune
à nos affairistes
du salut
pieux
ou laïques,
réputés
pour leurs piques.
Nulle trouvaille
à la une
que l’on se chamaille,
qui coûte cher
ou ne vaille
pas un radis.

Restent nos bienheureux
purifiés
par le sang,
promis à des paradis
pétrifiés,
des morts voués à un enfer
putréfiant
ou de corpulents
Tartufes athées statufiés
de leur vivant,
page 18

tyrans craints et vénérés
en pied et en pierre,
au risque de choir,
tête la première,
d’un revers
de mouchoir*.
*R-M. Rilke ne serait-il pas mort d’une égratignure de rose et Pol Pot d’une piqûre de moucheron.

Aux yeux,
large ouverts,
de veaux,
tout se vaut.
Y a-t-il alors
du vrai
et du faux,
du juste ou du pervers,
en dehors
de l’océan déchaîné ?
Et, pour l’amour de l’art,
du laid
et du beau,
à part
le ciel enflammé ?
La nuit,
tous les chats sont gris,
aucune ombre ne nous suit.

(jeudi)

Nos cultes,
nos liturgies
du surpassement
de l’Homme,
s’ils comblent nos envies
en Occident,
ont aussi égalisé,
d’un coup de gomme,
tout ce qui dépasse.
La ligne grise
envahit en entier
l’espace
oxydant
page 19

où nos vies
sont comprises.

« Ni Dieu ni maîtres »,
désenchantement :
retour des superstitions
et des stupéfiants ;
notre confiance
mise en des finances
traitres,
une prédilection
pour des contenus douteux,
exit patronnes
et majordomes* ;
on ne peut revenir au « Dieu »
d’antan
et toujours personne
avec qui partager le repas de l’Homme :
tous consomment,
mais qui communie, pour autant ?
*Allusion à une affaire bien française d’abus de faiblesse.

L’Histoire sans peur et sans reproche
n’est plus qu’une dépouille
qui s’effiloche.
Il n’y aura plus
de réponse unique,
valable
pour une morale scoute
contre la fripouille,
serait-ce au prix des abus
iniques
dont nous ne sommes guère avares.
Plus de certitudes hors de doute,
inexorables,
nonobstant
que chacune avait son envers
et variait selon les temps
au sein des minimares*
où notre humanité grenouille.
*Pour parler comme le Canard enchaîné, journal satirique français.

(vendredi)
page 20

En cette rude semaine
où chaque printemps
consacre 
une heure d’hiver,
qui s’éternise, 
dissoute
dans une atmosphère
malsaine,
faite de massacres
et de mensonges
impudents*.
* Jésus aux outrages, puis crucifié, le sommeil, puis la fuite des disciples, les reniements de Pierre ; aujourd’hui, dans notre registre humain non exemplaire : les guerres de Syrie, au Ma­­li et ailleurs, les malversations financières internationales ; chez nous, un mi­nistre, fraudeur du fisc qui ment effrontément devant l’Assemblée Nationale.
      
C’est à chacun,
jeune loup ou vieille baderne,
sachant que cette durée,
se prolonge,
de trouver sa prise,
ses repères
ou sa pose
si, du moins,
il ne désespère 
de l’hygiène
postmoderne
désagrégée
des cerveaux
qui nous impose
l’informel.

Sauf soit alors l’énergumène,
social tout autant que personnel,
resté à l’écoute
de ces humbles Chants
sur quatre voies,
toujours nouveaux ;
bien que leur bourgeon
se soit épanoui,
une fois pour toutes,
dans la Passion
qui nous mène,

page 21



ou nous envoie,
au terme sans milieu
de nos chagrins
irraisonnés et touchants,
par l’amour de Dieu,
lui-même affranchi
du divin*.
*Voir alleztheo.blogspot.com, janvier 2013 : Logos.

Jacques Gruber vendredi saint 29 mars 2013



page 22

Convalescence et rétablissement


Toi qui a connu, face à face,
l’ombre prédatrice
qui annule
toute parole prédicatrice
de funambules*,
je me mets à ta place :
* « L’homme est une corde tendue […] une corde au-dessus d’un abîme », Nietzsche, Ainsi parla Zarathoustra, Prologue, 4).


Chaque matin
redevient un don,
un pardon,
dans un ciel qui tire
son rideau de satin ;
et chaque soir
retourne au silence
d’une confiance,
dont le manteau de cire
absorbe tout le devoir.

Les vieux doivent disparaître
et ce sont les jeunes qui meurent du mal d’être.

Pour ma part,
après avoir retiré
mes chaussures
d’impénitent fieffé,
j’avoue que j’avance,
avec des précautions
d’aveugle,
non dans une exposition
de pop art,
mais dans le labyrinthe des questions,
que pose le Maître des Sentences
destinales*,
qu’il susurre
ou qu’il meugle
du fond de son dédale.
*Non plus Pierre Lombard, mais le Sphinx.

page 23

Pour Adam et pour Ève,
je rêve
non de l’origine ancienne,
infinie
et dionysiaque
mais de la fin finie
de la Tragédie,
mère de toutes les attaques.
Quand l’Intelligence
olympienne
d’Athèna
s’affirme la maîtresse
de cette engeance
de Nécessité
qui nous presse
à satiété
jusque dans l’au-delà*.
*Fin de l’Orestie d’Euripide, quand Athèna change les mauvais génies (Errynnies) en bons génies (Euménides).


Que le dernier cri
puisse être délivrance
avec, en cadeau,
l’anneau
d’alliance,
tonus
d’espérance, 
à l’effigie
de l’eucalyptus
qui fleurit
plusieurs fois l’an.


J’imagine
que notre rétablissement,
de la mort assassine,
ne se fera pas
par notre propre force ;
ce sera un couronnement
qui s’amorce
 ici-bas,
comme notre accession
page 24

au dernier dan,
sans obligation
de l’avoir conquis
pour vivre,
au prix d’un nouveau combat
au sein du clan
des mineurs de cuivre
où se case un kami
griffu comme un chat.


Que cela advienne
alors que l’étang hors âge,
l’étang de feu
insipide,
changé,
comme par jeu,
ouvre son œil viride
laissant, sous le couvert,
un crapaud ivre
de la senteur méridienne,
beugler
le compte,
sans découvert,
de tous les mécomptes
de nos orages.



Jacques Gruber 26 avril 2013


          Du même auteur : « La Représentation de Dorothée Sölle, Revue d’histoire et de philosophie religieuse, Strasbourg, 66ème année, 1986, n° 2 et 3 ;
Entendre la Parole. Le témoignage intérieur du Saint Esprit, Paris, Édi­tions du Cerf, 2003,
« Vous serez mes témoins ». Pour un temps de confusion et de mutations, Paris, Éditions du Cerf, 2009.

autres blogs :

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existence-et-sens (essai) ;
public-gruber (publications de l’auteur).

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